Hommage à Claude Monet – Église Ste Radegonde de Giverny
William Amor — Hommage à Claude Monet
Église Sainte-Radegonde de Giverny
À Giverny, les fleurs furent pour Claude Monet bien davantage qu’un sujet de peinture : elles furent un laboratoire de lumière, un langage vivant capable de traduire les saisons, les heures du jour et les mouvements de l’âme.
Pour rendre hommage à cet héritage, William Amor fait entrer dans l’église les couleurs du jardin disparu derrière les murs de pierre. Là où Monet observait les métamorphoses du vivant, l’artiste contemporain révèle celles de la matière. Délaissés puis recueillis, sacs plastiques, bouteilles et fragments de consommation sont transformés avec la patience d’un joaillier en pétales, corolles, feuillages et éclats de lumière.
Un siècle sépare Claude Monet et William Amor, mais une même conviction semble les réunir : la beauté ne se trouve pas dans les choses elles-mêmes, mais dans le regard que nous portons sur elles. Monet révélait les infinies variations de lumière d’un bassin, d’un ciel ou d’une fleur. William Amor révèle la poésie insoupçonnée de matières que notre époque considère comme sans valeur. Tous deux nous invitent à regarder le monde autrement.
À travers quatre installations correspondant aux saisons, William Amor compose un parcours sensible inspiré de l’univers du maître impressionniste. Les œuvres ne cherchent pas à reproduire les tableaux de Monet ; elles en prolongent l’esprit. Comme la touche impressionniste faisait vibrer la couleur pour saisir l’instant, ces fragments de matière recyclée se rassemblent pour faire naître une nouvelle poésie du regard.
Du printemps flamboyant des arches fleuries jusqu’à l’hiver méditatif des jardins d’eau, le visiteur est invité à parcourir un cycle où la nature, l’art et la mémoire se répondent. Une célébration de la beauté du vivant, mais aussi une invitation à considérer autrement ce que notre société juge ordinaire, inutile ou délaissé.
Car dans l’œuvre de William Amor, toute matière porte en elle la possibilité d’une renaissance.
LA NEF AUX ARCHES FLEURIES — PRINTEMPS
Sous les voûtes de l’église, une floraison suspendue rappelle les célèbres arches de roses qui guidaient les visiteurs à travers le jardin de Claude Monet.
Des centaines de fleurs façonnées à partir de sacs plastiques collectés et transformés par l’artiste composent une allée aérienne où les rouges, les roses et les fuchsias se déploient comme un feu d’artifice végétal.
Traversée par une lumière évoquant les reflets mouvants de l’impressionnisme, l’installation célèbre le printemps comme saison de l’élan, de l’éclosion et de la promesse.
Matériaux : sacs plastiques, fils armés, installation lumineuse.
Crédits photo Marco Strullu
LE BASSIN — IMPRESSION DE NYMPHÉAS — ÉTÉ
Crédits photo Marco Strullu
180 cm x 180 cm
Avec les Nymphéas, Claude Monet fit du bassin de Giverny l’un des paysages les plus emblématiques de l’histoire de l’art. William Amor en propose ici une réinterprétation contemporaine.
Au sol, une mosaïque de fragments plastiques translucides compose une surface vibrante où la lumière semble se refléter comme sur l’eau. Des nénuphars émergent de cette constellation de couleurs, suspendus entre peinture et sculpture. Les rebuts deviennent pigments ; les déchets deviennent éclats.
L’œuvre évoque l’été, lorsque le jardin atteint sa pleine maturité et que le regard se perd dans les jeux infinis de lumière et de reflets.
Matériaux : fragments de bouteilles plastiques, laiton, structure bois.
LA COUPOLE AU LUSTRE VÉGÉTAL VITRAIL — AUTOMNE
Crédits photo Marco Strullu
180 cm x 180 cm
Suspendue sous la coupole, une cascade de 135 lianes de pétales translucides descend du ciel de l’église comme une pluie silencieuse de couleurs. Parmi les ors, les verts et les reflets des vitraux affleurent des nuances de rose, écho lointain des arches fleuries qui accueillent le visiteur à son entrée dans ce jardin imaginaire.
Inspirée à la fois des vitraux de Sainte-Radegonde et des saules pleureurs qui peuplent les paysages de Monet, l’installation transforme l’espace en un vaste chandelier végétal. Chaque élément capte et diffuse la lumière, révélant des nuances délicates qui rappellent les vibrations chromatiques de la peinture impressionniste.
L’automne s’y exprime comme un temps de transformation : celui où la lumière devient plus précieuse, où les couleurs se densifient avant de disparaître.
Matériaux : bouteilles et sacs plastiques, fils, structure métallique suspendue.
CÉRÉMONIE DANS LES JARDINS D'EAU — HIVER
Crédits photo Marco Strullu
Pour conclure ce parcours, William Amor s’inspire d’un épisode lié aux funérailles de Claude Monet. Refusant le noir du deuil, son ami Georges Clemenceau fit recouvrir le cercueil de son ami d’un tissu aux couleurs des fleurs du jardin.
Autour du corbillard conservé dans l’église, l’artiste déploie un jardin d’eau abstrait composé des chutes et fragments issus de ses propres créations. En écho à ce geste historique, un linge blanc brodé de fleurs bleues — rappelant les hortensias emblématiques de son univers — vient adoucir le voile sombre qui recouvre aujourd’hui le corbillard.
La matière apparaît ici presque à l’état originel, comme si le cycle de la métamorphose revenait à sa source. L’hiver devient alors non pas une fin, mais un temps de mémoire et de renaissance. Sous la sobriété du geste affleure déjà le printemps à venir.
Matériaux : chutes de plastiques issues des ateliers de l’artiste, textile brodé, installation in situ.
ÉQUIPE PROJET
William Amor, Valérie Henry, Rémy Jarnoux et Marion Le Bellec.
Date :
5 octobre 2026

