Message Holographique – Boucheron International – Taiwan 2025
Réalisée sur mesure pour la boutique Boucheron de Taïwan, cette œuvre de 100 × 100 cm est l’interprétation par William Amor de la collection Holographique de la Maison. Plus d’un millier de pétales, nés de la transformation puis de la sublimation de bouteilles en plastique collectées dans les rues de Paris ou issues des chutes de production de l’atelier, composent cette rosace florale. Assemblés un à un sur leur support à l’aide de fines épingles en acier inoxydable, ils déploient un délicat camaïeu de jaunes, de roses et de violets qui fait de la lumière le véritable matériau de l’œuvre.
Une interprétation sensible de l'univers Boucheron
La collection Holographique de Boucheron célèbre ces phénomènes lumineux qui font naître des couleurs changeantes selon l’angle du regard. Plutôt qu’une simple transposition décorative, William Amor en propose une interprétation sensible. La pierre précieuse laisse place à une constellation de pétales translucides ; le sertissage devient une envolée florale ; la lumière, enfin, cesse d’habiter la matière pour devenir le véritable sujet de l’œuvre. Au centre de la composition, une rosace semble rayonner comme une fleur en pleine éclosion, dont chaque fragment capte, diffracte et restitue la lumière avec une infinie délicatesse. Mais à mesure que le regard s’éloigne, la fleur paraît se dissoudre dans une autre image : celle d’une étoile en expansion, d’une nébuleuse ou d’une constellation naissante.
Entre le végétal et le cosmique, l’œuvre évoque une même énergie créatrice, comme si les lois qui président à l’éclosion d’une fleur répondaient à celles qui façonnent l’univers.
Sculpter la lumière
La véritable matière de cette œuvre n’est ni le plastique, ni même la couleur : c’est la lumière. William Amor compose ici une palette faite de transparences, où plus d’un millier de pétales dialoguent avec elle pour la fragmenter, la nuancer et la faire vibrer. Les camaïeux de jaunes, de roses et de violets ne sont jamais figés ; ils naissent du regard autant que de la matière. Chaque déplacement du spectateur fait apparaître de nouvelles irisations, comme le ferait une gemme ou une aile de papillon. L’œuvre devient alors un phénomène vivant, une fleur qui ne s’épanouit pas dans le temps mais dans la lumière elle-même.
Quand le déchet devient précieux
L’émotion naît aussi de ce que le regard découvre peu à peu : ces pétales ne sont ni du verre, ni du cristal, mais nés de la transformation puis de la sublimation de bouteilles en plastique collectées dans les rues de Paris ou issues des propres chutes de production de l’atelier. Chaque élément est découpé, chauffé, façonné, teinté puis assemblé avec une infinie précision avant d’être fixé individuellement sur son support. Fidèle à sa démarche, William Amor ne cherche jamais à faire oublier l’origine de la matière. Au contraire, il lui offre un nouveau destin. Ce qui fut un objet jeté devient porteur d’émotion, de lumière et de beauté.
À la frontière de l’art, de l’artisanat d’exception et de la haute joaillerie, Message holographique célèbre une autre idée du luxe : celle qui ne réside pas uniquement dans la rareté des matériaux, mais dans la capacité du regard à révéler leur potentiel.
En faisant éclore une fleur de lumière à partir de ce que la ville avait abandonné, William Amor compose bien davantage qu’un tableau : une transcription poétique de l’univers de Boucheron, où la matière renaît, la lumière devient langage et la beauté révèle que le précieux n’est parfois qu’une question de regard.
ÉQUIPE PROJET
William Amor, Valérie Henry, Rémy Jarnoux, Léa Levy, Marion Le Bellec, Cécile Lefeuvre

